Le Brésil cherche de nouvelles possibilités d’exportation pour sa viande bovine après la suspension, le 3 septembre 2026, de ses importations par l’Union européenne. Cette décision fait suite au non-respect des exigences européennes en matière de traçabilité de l’utilisation des antibiotiques chez les animaux.
Avant cette restriction, le pays occupait une place importante dans l’approvisionnement du marché européen. En 2025, les pays du Mercosur représentaient 62 % des importations européennes de viande bovine, contre 56 % en 2024, selon Ilona Blanquet, agroéconomiste à l’Institut de l’élevage.
L’entrée en application de l’accord UE-Mercosur, le 1er mai 2026, avait ouvert de nouvelles perspectives aux exportateurs sud-américains. Le dispositif prévoit notamment un contingent de 99 000 tonnes équivalent carcasse (téc), bénéficiant d’un droit de douane de 7,5 % à l’horizon 2031.
Cette ouverture avait déjà profité au Brésil. Au cours des sept premiers mois de 2026, les importations européennes de viande bovine en provenance du Mercosur ont progressé de 9 %. Les exportations brésiliennes ont enregistré une hausse de 44 %, atteignant 73 000 tonnes équivalent carcasse.
La suspension européenne vient cependant freiner cette dynamique. Les autorités reprochent au système brésilien des insuffisances dans le suivi de l’utilisation des antibiotiques tout au long de la vie des animaux. Cette traçabilité constitue une condition d’accès au marché européen.
Selon les données de la Direction générale de la fiscalité et de l’union douanière de la Commission européenne, rapportées par l’Institut de l’élevage le 21 octobre 2026, les importations de viande bovine brésilienne ont commencé à reculer à partir de la semaine du 28 septembre. Cette baisse pourrait se poursuivre en raison des délais de transport maritime et de dédouanement.
Face à cette situation, le Brésil doit désormais envisager une réorientation de ses exportations vers d’autres marchés afin de maintenir ses débouchés commerciaux. Cette évolution pourrait également modifier les flux d’échanges de viande bovine entre les pays du Mercosur et leurs partenaires internationaux, selon web-agri.fr.
Par Amy SANGARE
