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Campagne pastorale 2026-2027 / Les déficits fourragers gagnent du terrain

Elevage d'Afrique Info
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Campagne pastorale 2026-2027

La campagne pastorale 2026-2027 s’annonce sous forte contrainte dans plusieurs zones sahéliennes et sahariennes. Le retard du front de végétation et la faiblesse de la biomasse exposent les éleveurs à des déficits fourragers persistants, tandis que les zones mieux pourvues pourraient devenir des pôles de transhumance. Une situation qui appelle à anticiper les mouvements de troupeaux et les risques de tensions autour de l’accès aux ressources.

Dans les zones sahéliennes et sahariennes, les indicateurs de végétation restent nettement en retrait par rapport à la moyenne des cinq dernières années et à la situation observée à la même période l’année précédente. La disponibilité du fourrage repose encore largement sur les résidus de biomasse et la végétation aérienne.

Cette situation traduit une vulnérabilité accrue des systèmes pastoraux. Dans les zones où les ressources naturelles sont déjà limitées, la poursuite d’un déficit fourrager pourrait contraindre les éleveurs à modifier leurs itinéraires habituels de déplacement à la recherche de pâturages et de points d’eau.

Les déficits les plus marqués concernent notamment plusieurs régions de la Mauritanie, du Mali, du Niger, du Tchad, du Burkina Faso, du Sénégal et du Nigéria. La situation apparaît particulièrement préoccupante dans des zones comme Tiris Zemmour et Adrar en Mauritanie, Tombouctou, Gao et Kidal au Mali, Agadez, Diffa, Tahoua et Zinder au Niger, ainsi que Kanem, Batha et Wadi Fira au Tchad.

Au Burkina Faso, le Soum et le Liptako figurent également parmi les zones fortement déficitaires. Au Sénégal, le nord de Saint-Louis et Matam sont concernés, tandis que Yobe, Borno et le nord de Katsina présentent aussi des niveaux de déficit importants au Nigéria.

Des disparités régionales importantes

La situation n’est toutefois pas homogène à l’échelle de la sous-région. Alors que certaines zones sont confrontées à une forte insuffisance de biomasse, d’autres disposent de ressources fourragères relativement abondantes.

Les zones soudaniennes et guinéennes présentent ainsi une bonne disponibilité de biomasse. Elles constituent des réservoirs stratégiques susceptibles de contribuer à l’équilibre régional au cours de la campagne pastorale.

Des poches excédentaires sont notamment observées dans certaines régions du Mali, du Niger, du Burkina Faso, du Sénégal, de la Guinée, du Ghana, de la Côte d’Ivoire et du Nigéria. Kankan et Nzérékoré en Guinée, Kolda et Ziguinchor au Sénégal, Ashanti au Ghana, Bas-Sassandra en Côte d’Ivoire ou encore Benue au Nigéria figurent parmi les espaces disposant d’un potentiel fourrager favorable.

Entre ces deux situations, plusieurs régions présentent un déficit modéré. C’est notamment le cas de certaines zones de Mauritanie, du Mali, du Niger, du Tchad, du Burkina Faso, du Sénégal et du Nigéria. Des régions de Guinée, du Ghana et de Côte d’Ivoire sont également concernées.

Les pluies de septembre et octobre seront déterminantes

L’évolution de la situation dépendra en grande partie de la poursuite des précipitations au cours des prochaines semaines. Les zones actuellement très déficitaires devraient rester vulnérables, même dans l’hypothèse de pluies tardives.

Dans les espaces modérément déficitaires, une amélioration demeure possible si les précipitations de septembre et octobre se maintiennent suffisamment longtemps pour favoriser la régénération de la végétation.

À l’inverse, les zones déjà excédentaires devraient consolider leur avance et pourraient devenir des pôles d’accueil pour les troupeaux en déplacement. Cette concentration potentielle des animaux dans les zones les mieux pourvues risque toutefois d’accroître la pression sur les pâturages, les points d’eau et les espaces agricoles.

Des mouvements de troupeaux à surveiller

L’écart entre les zones déficitaires et excédentaires pourrait donc influencer fortement les mouvements de transhumance au cours des prochains mois. Des déplacements plus précoces, plus longs ou inhabituels pourraient être observés dans les régions confrontées au manque de ressources.

Cette situation nécessite une vigilance accrue sur les interactions entre éleveurs et agriculteurs. L’arrivée de troupeaux dans des zones agricoles ou pastorales déjà fortement sollicitées peut accentuer la compétition pour l’accès aux ressources et favoriser l’apparition de conflits.

L’enjeu dépasse ainsi la seule disponibilité du fourrage. Il concerne également la prévention des tensions agropastorales, la sécurisation des couloirs de transhumance et la gestion concertée des ressources naturelles.

Face à ces perspectives, la protection des zones disposant encore d’un important potentiel fourrager apparaît comme une priorité. La mise en place rapide de bandes pare-feu est notamment recommandée afin de limiter les risques de destruction de la biomasse par les feux de brousse.

La préservation de ces réserves fourragères est d’autant plus importante qu’elles pourraient jouer un rôle majeur dans l’alimentation du bétail au cours de la campagne. Leur dégradation réduirait les capacités d’accueil des troupeaux et pourrait accentuer davantage la pression sur les ressources disponibles.

Dans ce contexte, le renforcement des dispositifs de suivi agropastoral apparaît indispensable. Une surveillance régulière de l’état de la végétation, des points d’eau, des parcours et des mouvements de troupeaux doit permettre d’identifier suffisamment tôt les zones à risque.

Campagne pastorale 2026-2027 / Les déficits fourragers gagnent du terrain

La préparation de plans de gestion des flux transhumants, en concertation avec les organisations d’éleveurs, les agriculteurs et les autorités locales, constitue également un levier important.

Pour la campagne pastorale 2026-2027, l’enjeu est donc d’anticiper plutôt que de réagir. La disponibilité inégale des ressources fourragères pourrait redessiner les itinéraires de transhumance et accentuer la pression sur certaines zones. Une meilleure préparation permettrait de préserver les ressources, de sécuriser les déplacements du bétail et surtout de limiter les tensions liées à leur accès.

Source : le rural.com

 

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