Le maintien des élevages intensifs devient de plus en plus difficile face à leurs conséquences environnementales et à leur forte consommation de ressources. Dans une tribune publiée par Le Monde, un collectif de chercheurs spécialisés dans la condition animale et l’écologie appelle à anticiper et à planifier rapidement la fermeture progressive de ces exploitations.
Cette prise de position intervient alors que le secteur de l’élevage est durement frappé par la répétition des épisodes de canicule. Début juillet, une hausse exceptionnelle de la mortalité animale a été enregistrée dans les élevages industriels en France. Selon les données citées par les chercheurs, la surmortalité aurait atteint 1 000 % chez les volailles et 200 % chez les porcs en Normandie et dans les Pays de la Loire.
La situation a également mis à rude épreuve les capacités des établissements d’équarrissage. En Bretagne, plusieurs centaines de milliers de cadavres d’animaux auraient ainsi été enfouis directement par des éleveurs, faute de capacités suffisantes pour assurer leur prise en charge.
Les élevages extensifs ne sont pas épargnés par les conséquences des fortes chaleurs. Les bovins supportent difficilement les températures élevées, tandis que la sécheresse dégrade les pâturages et réduit les ressources fourragères disponibles. Cette situation risque de compromettre l’alimentation des troupeaux dans les prochains mois et accentue les difficultés économiques et psychologiques auxquelles sont confrontés les éleveurs.
Pour les chercheurs, cette crise illustre un paradoxe majeur : l’élevage est à la fois particulièrement vulnérable au dérèglement climatique et l’un des secteurs qui y contribuent fortement. À l’échelle mondiale, il représenterait environ 20 % des émissions de gaz à effet de serre, contre près de 15 % pour les émissions directes liées au secteur des transports.
Face à cette situation, les auteurs de la tribune estiment qu’une transformation profonde du modèle d’élevage est devenue nécessaire. Ils défendent notamment une réduction progressive des élevages intensifs et une anticipation des reconversions, afin de limiter les impacts environnementaux tout en accompagnant les agriculteurs concernés, d’après lemonde.fr.
PAR AMY SANGARE



