Il y a un an, le Gabon a annoncé son intention de ne pas renouveler l’accord de pêche avec l’Union européenne, estimant la contribution financière de 2,6 millions d’euros insuffisante pour la trentaine de navires européens pêchant dans ses eaux. Alors que l’accord expire le 28 juin, des négociations complexes sont en cours pour trouver une issue.
À compter du 29 juin 2026, les navires européens n’auront plus l’autorisation de pêcher dans les eaux gabonaises, mettant ainsi fin à près de quatre décennies de collaboration. A indiqué RFI, le mardi 16 juin 2026.N
Maciej Berestecki, porte-parole de la Commission européenne, souligne l’importance historique de ce partenariat, initié en 1988. Il insiste sur le caractère mutuellement bénéfique de cet accord, qui prévoit une double compensation financière de la part de l’Union européenne notamment, 1,6 million d’euros pour obtenir l’accès aux zones de pêche gabonaises et 1 million d’euros destinés au développement et au soutien de la filière halieutique locale au Gabon.
Soit un total de 2,6 millions d’euros par an auquel s’ajoute un million d’euros par an versés directement par les armateurs européens.
« Nous ne pouvons plus accepter un modèle où nos ressources sont simplement exportées brut. Ces contributions financières et le soutien à l’économie locale étaient minimes par rapport à la richesse prélevée » souligne
Aimé Martial Massamba, ministre de la Mer, des Pêches et de l’Économie bleue du Gabon.
L’Union européenne a manifesté la volonté de négocier un nouvel accord « gagnant-gagnant », ce qui sous-entend que le précédent ne l’était pas au profit du Gabon.
À moins de 15 jours de l’échéance, les négociations s’annoncent difficiles, d’autant que les exigences du Gabon ne sont pas seulement financières.
« Cet accord ne répondait plus aux ambitions de développement du Gabon. Nous ne pouvons plus accepter un modèle historique où nos ressources sont simplement capturées, exportées brutes sans aucune valeur ajoutée créée sur le sol gabonais », insiste le ministre.
Les Européens se disent prêts à étudier toutes les propositions du gouvernement gabonais, tout en rappelant qu’à leurs yeux ils ne font pas concurrence aux pêcheurs locaux.
« Les bateaux européens ne sont autorisés à pêcher que les espèces de poissons que le Gabon ne cible pas, comme le thon il n’est pas question de toucher aux ressources côtières exploitées par les pêcheurs artisanaux », rappelle Maciej Berestecki porte-parole de l’UE.
De plus, l’UE assure se baser sur un comité scientifique pour n’autoriser à la pêche que les stocks excédentaires.
Mais l’engagement affiché des Européens en faveur de la pêche durable ne convainc pas Aliou Ba, responsable de la campagne Océan pour Greenpeace Afrique.
« Pour que ces accords puissent être durables, il faudrait que ces navires ne puissent pas utiliser des moyens de pêche destructifs comme le chalut de fond et même si l’objectif est d’approvisionner le marché européen, il faudrait que la transformation des ressources prélevées puisse être faite localement » annonça-t-il.
par Déborah.S et RFI



