En Afrique, la production de miel repose encore largement sur des systèmes traditionnels, avec des ruches principalement installées en zones boisées. La filière gagne toutefois en importance dans plusieurs pays, et positionne progressivement le continent comme un pôle de production apicole.
En Afrique, le miel est considéré comme un produit forestier non ligneux, jouant un rôle important dans la génération de revenus pour les populations rurales. À l’occasion de la Journée mondiale des abeilles, instaurée par l’ONU en 2017 et célébrée chaque année le 20 mai, voici en quelques points l’essentiel à retenir sur le poids du continent sur le marché mondial du miel.
13 % de la production mondiale
La production africaine de miel naturel s’est élevée à 255 111 tonnes en 2024, selon les données compilées par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Le continent représente ainsi environ 12,63 % d’une production mondiale estimée à 1,98 million de tonnes sur la même période, ce qui le place au quatrième rang des régions productrices, derrière l’Asie, l’Europe et l’Amérique.
Ce positionnement s’explique principalement par la montée en puissance des activités apicoles en Afrique de l’Est, qui concentre l’essentiel de la dynamique de production. À elle seule, la sous-région place 4 de ses pays dans le Top 5 continental des producteurs de miel naturel.
Historiquement, l’Éthiopie domine largement le marché africain. Avec une production estimée à près de 86 000 tonnes en 2024, le pays s’impose sans véritable concurrent sur le continent. Selon le ministère de l’Agriculture, il dispose de plus de 10 millions de ruches, dont environ 7 millions sont exploitées, et s’est doté d’une stratégie nationale de développement de la filière couvrant la période 2024-2032.
La Tanzanie occupe la deuxième place avec une production d’environ 32 000 tonnes, soit un niveau près de deux fois inférieur à celui de l’Éthiopie. Elle est suivie par l’Angola (23 400 tonnes), l’Ouganda (21 635 tonnes) et le Kenya (19 462 tonnes). D’autres pays contribuent également à la production continentale, à des niveaux plus modestes, notamment la République centrafricaine, le Maroc, le Rwanda, Madagascar, le Sénégal, l’Algérie et l’Égypte.
Moins de 1 % des recettes d’exportation
Malgré son poids dans la production mondiale, l’Afrique demeure marginale dans les échanges internationaux de miel. Selon la FAO, les exportations du continent ont atteint 5 605 tonnes en 2024, pour une valeur de 14,2 millions USD. À titre de comparaison, les exportations mondiales se sont élevées à environ 828 000 tonnes, générant près de 2,3 milliards USD sur la même période.
Selon les experts, les exportations africaines de miel restent faibles parce que la filière est dominée par des systèmes traditionnels et souffre de problèmes de certification et de structuration, alors que les principaux marchés importateurs, comme l’Union européenne, imposent des standards élevés en matière de qualité.
En termes d’exigences, les négociants en miel privilégient généralement des achats en vrac de volumes élevés et constants, qui nécessitent que les apiculteurs travaillent en groupes ou en coopératives, comme condition préalable au développement d’une chaîne d’approvisionnement fiable en miel.
« La nature dispersée de la production et de la transformation entre les différents apiculteurs rend le contrôle de la qualité difficile »
« Par manque de connaissances et de formation, et en raison de la pauvreté et de l’absence d’infrastructures de transformation modernes, il est difficile pour les apiculteurs de respecter les niveaux d’hygiène et de qualité requis pour les produits. La nature dispersée de la production et de la transformation entre les différents apiculteurs rend le contrôle de la qualité difficile, voire impossible », soulignait déjà la FAO dans une note d’information publiée sur le sujet en 2023.
Pour autant, le miel africain dispose d’un avantage comparatif encore sous-exploité. D’après la FAO, il présente de faibles teneurs en métaux lourds et en résidus d’antibiotiques, du fait que plus de 80 % de la production provient de zones communales où les intrants agrochimiques sont peu utilisés et où les pratiques de traitement des abeilles restent limitées.
Dans un contexte de demande mondiale croissante pour des produits naturels et traçables, une meilleure structuration de la filière apparaît ainsi comme un levier clé pour améliorer la montée en gamme et la captation de valeur par les producteurs africains.
Source : Agence ecofin



