Le Sénégal s’impose comme le nouveau champion régional de la conchyliculture, avec une production d’huître en plein essor et une stratégie sanitaire de fer. Entre 2025 et 2030 la filière est passée de l’artisanat à une exportation structurée.
L’année 2025 restera celle du décollage. Les données de production d’huîtres révèlent une croissance au fil des trimestres dont 203 tonnes au premier trimestre, 414 tonnes au deuxième trimestre et 576,5 tonnes au troisième trimestre.
Cette vitalité se traduit par une valorisation commerciale forte. Désormais présents sur les tables des grands hôtels et restaurants, les coquillages se négocient entre 3 500 et 7 000 FCFA le kilo, générant des revenus cruciaux pour les communautés littorales et favorisant l’autonomisation des femmes, piliers de cette activité.
Pour Samba Ka, Directeur général de l’ANA, la réussite ne se mesure pas qu’en tonnes, mais en sécurité.
« La conformité sanitaire est notre levier de développement économique », affirme-t-il.
En s’alignant sur les normes Sanitaires et Phytosanitaires (SPS) internationales, le Sénégal lève les barrières qui l’empêchaient jusqu’ici de viser l’exportation à grande échelle.
« Ce projet a posé les bases d’une filière compétitive. L’objectif est maintenant d’assurer une transition vers un financement national durable », selon Mme Bintia Stephen Tchicaya, coordinatrice sous régionale de la FAO Afrique de l’Ouest.
La nouvelle feuille de route 2026-2030 prévoit une montée en gamme technologique et logistique notamment le Passage de 30 à 50 sites de production surveillés, la Création de centres de dépuration et de systèmes de traçabilité numérique et la Consolidation des marchés locaux avant de cibler l’Europe et l’Asie.
En combinant rigueur scientifique et impact social, le Sénégal ne se contente plus de produire, il construit un modèle de souveraineté alimentaire et d’excellence commerciale pour toute l’Afrique de l’Ouest.
Par Déborah. S



