Selon agencecofin, Premier marché d’Afrique de l’Ouest pour la viande de volaille, le Ghana reste fortement tributaire des importations, qui couvrent près de 80 % de ses besoins. Face à cette dépendance, les autorités et les professionnels du secteur multiplient les initiatives afin de redynamiser une production locale en perte de vitesse depuis plusieurs années.
Le ministère de l’Agriculture a ainsi mandaté un consultant pour élaborer un plan directeur dédié au développement de la filière avicole. D’après des informations relayées le 9 février par les médias locaux, ce chantier est conduit en collaboration avec Agri-Impact Limited, cabinet spécialisé dans le conseil et la gestion de projets agricoles et agro-industriels, ainsi qu’avec la Mastercard Foundation.
Une feuille de route pour restructurer la filière
Une fois adopté, ce plan servira de cadre stratégique pour stimuler la production nationale, renforcer la compétitivité du secteur et réduire la dépendance aux importations. Il devra également favoriser la création d’emplois et orienter les investissements publics et privés sur l’ensemble de la chaîne de valeur.
Le processus d’élaboration devrait s’achever en 2026, après des consultations approfondies avec les acteurs des principales zones de production situées dans le Nord, le Middle Belt et le Sud du pays.
Une industrie en net recul
Autrefois florissante dans les années 1980 et 1990, l’aviculture ghanéenne couvrait jusqu’à 80 % de la demande nationale en viande de poulet. Aujourd’hui, la situation est bien différente. Selon les données du Département américain de l’Agriculture (USDA), la production nationale s’est limitée à 60 000 tonnes en 2023, pour une consommation estimée à 330 000 tonnes, soit à peine 18 % des besoins couverts localement.
Les professionnels attribuent ce déclin à plusieurs contraintes : coût élevé des aliments pour animaux, disponibilité insuffisante de poussins d’un jour et déficit d’infrastructures, notamment en matière de couvoirs, d’unités de fabrication d’aliments, de transformation et de chaîne du froid.
Abraham Sarfo, spécialiste de l’agrobusiness chez Agri-Impact Limited, souligne par ailleurs la nécessité d’intégrer davantage l’innovation et la technologie dans la gestion des exploitations, notamment à travers la télédétection et les outils de surveillance sanitaire à distance.
Un programme de soutien déjà lancé
Dans cette dynamique, le gouvernement a lancé en février 2025 le « Poultry Farm to the Table Programme », destiné à accélérer la relance du secteur. Ce programme prévoit notamment un meilleur accès au crédit, la mise à disposition d’aliments pour volailles à coût abordable, des formations techniques et l’introduction de races améliorées de poulets de chair au profit des producteurs locaux.
À travers ces différentes initiatives, le Ghana ambitionne de reconquérir progressivement son marché intérieur et de bâtir une filière avicole plus compétitive et durable.
S.A



