La filière avicole marocaine traverse une période de fortes tensions, conséquence de perturbations persistantes dans les principaux ports du Royaume. Ces dysfonctionnements ralentissent l’acheminement des matières premières nécessaires à la fabrication des aliments composés, exerçant une pression accrue sur l’élevage industriel et suscitant des inquiétudes quant à l’approvisionnement alimentaire.
L’Association professionnelle au service des éleveurs de volailles de type chair (APV) signale des retards prolongés dans les opérations de déchargement, attribués à des conditions météorologiques défavorables et à des limites matérielles des infrastructures portuaires. Cette situation complique l’importation du maïs et du tourteau de soja, intrants essentiels à l’activité avicole.
Selon les acteurs du secteur, la filière approche d’un seuil critique. Plusieurs unités de production d’aliments composés ne disposeraient plus que de stocks réduits, tandis que certaines ont déjà été contraintes de ralentir leurs activités. Cette baisse des approvisionnements fragilise l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production d’aliments aux exploitations avicoles.
Sur le terrain, les éleveurs font face à une hausse significative des coûts d’alimentation, sans pouvoir répercuter ces charges sur les prix de la viande de volaille et des œufs. La Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA) met en garde contre la vulnérabilité des petits producteurs, dont plusieurs seraient menacés de cessation d’activité faute de ressources suffisantes pour nourrir leurs élevages.
Parallèlement, le Maroc renforce ses importations de céréales sur les marchés internationaux. Pour la campagne 2025-2026, les besoins sont estimés à 7,3 millions de tonnes de blé et 900 000 tonnes d’orge. Toutefois, les professionnels soulignent que ces prévisions restent conditionnées à une normalisation rapide des activités portuaires. Les organisations de la filière appellent à prioriser le déchargement des cargaisons destinées à l’alimentation animale et à constituer des réserves stratégiques, rappelant que l’aviculture représente l’une des principales sources de protéines accessibles pour les ménages marocains. Une crise prolongée, préviennent-elles, pourrait entraîner une hausse notable des prix alimentaires.
S.A



