Production animale :
« Renforcer les capacités nationales d’accès aux financements climatiques est essentiel pour bâtir un secteur d’élevage résilient »

Elevage d'Afrique Info
6 Min Read
élevage Nigéria

Le gouvernement fédéral a intensifié ses efforts pour renforcer la capacité du Nigéria à accéder aux opportunités de financement climatique dans le cadre des réformes en cours visant à bâtir un secteur de l’élevage résilient et compétitif à l’échelle mondiale.

Le ministre de l’Élevage, Idi Mukhtar Maiha, a fait cette déclaration jeudi 11 décembre 2025 à Abuja lors d’un atelier de renforcement des capacités sur l’amélioration de l’accès au financement de l’adaptation au changement climatique pour des systèmes de production animale résilients au climat, organisé par le ministère fédéral de l’Élevage en collaboration avec le Groupe africain d’experts négociateurs (AGNES) et avec le soutien de la GIZ.

Maiha a déclaré que l’amélioration de l’expertise nationale en matière de financement vert et d’élaboration de propositions est au cœur du programme de réforme du ministère et essentielle pour réaliser des investissements respectueux du climat, des systèmes de production durables et des mécanismes de financement innovants.

Il a expliqué que le secteur de l’élevage nigérian a besoin d’un accès ciblé à des financements verts et innovants pour moderniser les systèmes de production, renforcer les services vétérinaires, améliorer la génétique, soutenir le développement des ranchs et accroître la productivité globale. Ces priorités, a-t-il souligné, sont inscrites dans la Stratégie d’accélération de la croissance de l’élevage au Nigéria (NL-GAS) et dans le Plan directeur de l’élevage du Nigéria.

A LIRE AUSSI  Un prêt de plus de 13 milliards de francs CFA accordé au Liberia

Selon lui, les normes du marché mondial exigent désormais des mesures plus strictes en matière de traçabilité, de bien-être animal et de surveillance des émissions, ce qui rend la production animale résiliente au climat essentielle à la sécurité alimentaire, à la compétitivité et à la consolidation de la paix.

« Renforcer les capacités nationales d’accès aux financements climatiques est essentiel pour bâtir un secteur de l’élevage résilient »

Le ministre, qui a souligné l’importance de structures de financement efficaces, de partenariats solides et d’une planification nationale coordonnée, a décrit cet engagement comme une plateforme stratégique pour explorer des options de financement novatrices et adapter les enseignements tirés des meilleures pratiques mondiales.

Maiha a ajouté que des réformes telles que la création de l’Agence nigériane d’approvisionnement en bétail et la mise en œuvre en cours du Plan directeur visent à créer de nouvelles opportunités en matière de création d’emplois, de diversification économique et d’expansion de la chaîne de valeur.

A LIRE AUSSI  Sidi Touré échange avec l’interprofession Bétail Viande de France

S’exprimant sur le débat mondial concernant les émissions provenant de l’élevage, le ministre a posé la question suivante : « La vache doit-elle être considérée comme un agent ou une victime du changement climatique ? » Il a annoncé son intention de créer un groupe de travail numérique sur le changement climatique, en partenariat avec des acteurs mondiaux des TIC et des négociateurs africains sur le climat, afin d’évaluer les vulnérabilités et le potentiel des systèmes d’élevage nigérians.

Auparavant, la secrétaire permanente, Mme Chinyere Ijeoma Akujobi, représentée par le directeur technique, M. Alike Peter, a félicité le groupe de travail technique du ministère sur le changement climatique et a exhorté les participants à transformer les défis climatiques du Nigéria en nouvelles opportunités.

Prenant également la parole, le directeur général de l’Association des professionnels de l’industrie alimentaire du Nigéria (FIPAN), le Dr Toromade Francis, a souligné que l’insuffisance d’aliments pour le bétail et d’eau constituait un frein majeur à la productivité animale. Il a plaidé pour des modèles de financement innovants et des systèmes de soutien renforcés afin de relever ces défis persistants du secteur.

« C’est une étape clé vers le renforcement des partenariats entre le secteur privé et le gouvernement ».

Le chef d’équipe d’AGNES, le Dr George Wamukoya, a décrit l’atelier de renforcement des capacités comme une « étape clé vers le renforcement des partenariats entre le secteur privé et le gouvernement ». Il a souligné qu’une collaboration soutenue serait essentielle pour débloquer les opportunités de financement climatique et impulser une transformation sectorielle à long terme.

A LIRE AUSSI  Le gouvernement fédéral vise à développer le secteur de l'élevage pour stimuler l'économie

Dans son message de soutien, le directeur général de la Banque de l’agriculture (BOA), M. Ayo Sotinrin, déclarait que la banque est prête à encourager les investissements du secteur privé dans des systèmes d’élevage résilients face au changement climatique. Il a précisé que la banque disposait de guichets de financement dédiés, allant des initiatives d’autonomisation des jeunes au financement de l’élevage à petite échelle et commercial.

« Le secteur de l’élevage est un secteur où il faut absolument frapper fort tant que le fer est chaud, et la Banque de l’agriculture est tout à fait prête à le financer », a déclaré Sotinrin.

L’atelier et le petit-déjeuner de travail ont réuni des participants issus d’institutions financières, d’organismes de recherche, de partenaires internationaux, d’associations professionnelles, de gouvernements d’État et d’autres acteurs clés, tous explorant des stratégies concrètes pour construire un écosystème d’élevage résilient face au climat et durable pour le Nigéria.

Sandrine KOUADJO et autre média

Share This Article
Leave a comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *