Production animale :
Madagascar veut garantir la sécurité alimentaire grâce à l’élevage

élevage Madagascar

Le ministère malgache de l’Agriculture et de l’Élevage (MINAE) a officiellement validé le Plan Directeur du Secteur de l’Élevage de Madagascar (PDSEM), finalisée en décembre 2025. Il s’agit d’une initiative historique pour la souveraineté agricole de la Grande Île, qui sert de plan global pour revitaliser un secteur vital pour l’économie nationale mais longtemps freiné par des inefficacités structurelles.

L’objective de cette initiative est de positionner l’élevage comme un moteur principal de la sécurité alimentaire et de la croissance économique, afin de passer d’une agriculture de subsistance à une industrie professionnalisée, à haut rendement, capable de répondre à la fois à la demande intérieure et aux standards d’exportation internationaux.

Le PDSEM s’articule autour de cinq piliers stratégiques conçus pour couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur. Ce programme prévoit la modernisation de la production des principales denrées, notamment le lait, la viande rouge, le porc et la volaille. Le plan fixe des objectifs ambitieux, comme l’augmentation de 75 % de la production de volaille et jusqu’à 72 % de hausse de la production de lait dans les régions ciblées. Pour y parvenir, la politique ambitionne une réforme significative des services vétérinaires, visant à élargir la couverture sanitaire et à réduire les pertes animales grâce à l’amélioration des campagnes de vaccination et à la surveillance des maladies. En outre, le cadre met l’accent sur la sécurisation de l’approvisionnement en aliments pour animaux et la structuration des marchés afin de garantir des prix équitables et un commerce transparent.

A LIRE AUSSI  En Tunisie, l’élevage de poissons a mobilisé 7 fois plus d’investissements privé en 2024

Madagascar veut garantir la sécurité alimentaire grâce à l’élevage

Le Plan Directeur du Secteur de l’Élevage de Madagascar qui promet un changement tangible en matière de résilience économique est une opportunité pour les millions de foyers malgaches qui dépendent essentiellement de l’élevage. Selon le ministère, la mise en œuvre de ces mesures augmentera les revenus des agriculteurs de 22 % à 34 %, en particulier pour ceux du secteur des petits ruminants et de la volaille. En intégrant des pratiques adaptées au climat, telles que l’utilisation de fourrages résistants à la sécheresse et une amélioration de la gestion de l’eau, le plan répond directement à la vulnérabilité croissante des communautés rurales face aux phénomènes météorologiques extrêmes. La promotion de l’investissement privé devrait également créer de nouvelles opportunités d’emploi dans la transformation et la distribution, notamment pour les jeunes et les femmes.

A LIRE AUSSI  Des capitaines de pirogues formés sur la sécurité maritime

L’initiative de Madagascar revêt une signification profonde pour le contexte africain au sens large. Comme de nombreux pays du continent, Madagascar est confronté au double défi d’une population en croissance et d’un secteur de l’élevage limité par des méthodes traditionnelles et les chocs climatiques. Le PDSEM, développé avec le soutien technique de partenaires internationaux tels que l’ILRI et la FAO, démontre comment une approche participative et fondée sur les données peut aligner la politique nationale avec le concept de « One Health », conciliant la santé animale, humaine et environnementale.

A LIRE AUSSI  Accusé d’utiliser abusivement les terres pour le CAS-OVIn, Sidi Touré donne des clarifications sur les activités

Sandrine KOUADJO