Le marché mondial du maïs se resserre et cette évolution attire l’attention des filières d’élevage. Pour les fabricants d’aliments pour animaux et les éleveurs, notamment dans l’aviculture, la disponibilité et le prix de cette céréale constituent un enjeu important. Selon les projections du département américain de l’Agriculture (USDA), la consommation mondiale de maïs devrait dépasser la production de près de 30 millions de tonnes au cours de la campagne 2026-2027.
Cette situation intervient alors que les États-Unis s’apprêtent à enregistrer leur deuxième plus importante récolte de maïs. Malgré cette production abondante, l’offre mondiale reste sous pression en raison de la hausse de la demande et de difficultés rencontrées chez plusieurs grands pays fournisseurs.
Le marché commence déjà à ressentir cette tension. D’après Reuters, les contrats à terme sur le maïs à Chicago ont progressé de 16 % en août 2026. Une évolution qui pourrait avoir des répercussions sur les coûts de fabrication des aliments destinés aux animaux, puisque le maïs constitue l’une des principales matières premières utilisées dans les aliments composés, particulièrement pour les volailles.
Les disponibilités destinées à l’exportation constituent également un point de vigilance. Les volumes combinés de maïs et de blé disponibles chez plusieurs grands pays exportateurs devraient reculer fortement par rapport à la campagne précédente. Les perturbations persistantes dans la région de la mer Noire, liées notamment à la guerre en Ukraine et aux difficultés affectant certaines infrastructures portuaires, compliquent par ailleurs l’acheminement des céréales vers les marchés internationaux.
Le Brésil représente également une source d’incertitude pour les importateurs. Deuxième exportateur mondial de maïs, le pays consomme une part croissante de sa production pour son industrie de l’éthanol. Selon les données de l’USDA rapportées par Reuters, la consommation brésilienne de maïs a progressé de 7,1 % en 2025-2026, pour atteindre 98 millions de tonnes. Cette hausse réduit mécaniquement les volumes pouvant être destinés à l’exportation.
Face à cette situation, le Maroc diversifie ses sources d’approvisionnement. Les achats marocains de maïs en provenance d’Argentine ont atteint 1,55 million de tonnes au cours des sept premiers mois de 2026, soit une progression de 133 % sur un an, selon des données de l’Institut national argentin de la statistique citée par Reuters.
Selon agrimaroc.ma, Cette diversification permet au Maroc de disposer d’une origine supplémentaire pour son approvisionnement, alors que l’Argentine bénéficie actuellement d’une production importante. Elle ne met toutefois pas les acteurs de l’élevage à l’abri des fluctuations des cours internationaux, du coût du transport ou des perturbations logistiques.
Pour les filières animales, l’enjeu est principalement économique. Une hausse durable du prix du maïs peut entraîner une augmentation des coûts de production des aliments composés et exercer une pression sur les charges des éleveurs. L’impact réel dépend toutefois des stocks disponibles, des contrats d’approvisionnement et de la capacité des fabricants d’aliments à absorber ou à répercuter cette évolution.
À ce stade, il n’est donc pas possible d’affirmer que la tension mondiale sur le maïs s’est déjà traduite par une hausse des prix des aliments pour animaux au Maroc. Elle constitue néanmoins un signal à surveiller pour les professionnels de l’élevage, particulièrement dans l’aviculture, où les céréales occupent une place importante dans la formulation des aliments. Une dégradation supplémentaire des conditions climatiques ou logistiques pourrait accentuer la pression sur les approvisionnements et les coûts des filières animales.
Par Amy. SANGARE
