Première destination des exportations de bœuf de l’Afrique du Sud vers la Chine, cette suspension est une grosse perte pour ce pays africain.
La Chine a suspendu toutes les importations de bœuf et d’autres produits animaux à sabots fendus en provenance d’Afrique du Sud suite à une épidémie croissante de fièvre aphteuse (FA) dans plusieurs provinces, portant un coup dur au secteur de la viande rouge du pays.
L’interdiction, entrée en vigueur immédiatement le 12 mai 2025, a été confirmée par les autorités chinoises après que de nouveaux cas de fièvre aphteuse ont été signalés à Mpumalanga, Gauteng et KwaZulu-Natal.
Le ministère sud-africain de l’Agriculture, de la Réforme agraire et du Développement rural (DALRRD) a vérifié que le bétail infecté avait été retracé jusqu’aux ventes aux enchères organisées à Utrecht et à Heidelberg.
Cette suspension est particulièrement importante étant donné que la Chine est la première destination des exportations de bœuf de l’Afrique du Sud en termes de volume.
En 2024, les exportations de bœuf de l’Afrique du Sud ont augmenté de 30 %, atteignant 38 657 tonnes, la Chine représentant 14 % de toutes les expéditions de bœuf congelé.
Le Dr Mpho Maja, directeur de la santé animale au DALRRD, a confirmé que les infections récentes ont été identifiées lors d’enquêtes de routine.
La Chine suspend ses importations de viande sud-africaine en raison d’une épidémie de fièvre aphteuse
Une ferme du Mpumalanga a été testée positive après la détection de traces dans les enclos environnants, malgré l’absence de symptômes visibles. De même, un parc d’engraissement du Gauteng a été testé positif suite à des achats effectués lors d’une vente aux enchères à Heidelberg.
Ce règlement est en vigueur depuis octobre 2022 pour freiner la transmission des maladies au sein des exploitations agricoles.
En réponse à l’épidémie, le ministre de l’Agriculture John Steenhuisen a chargé le bureau du directeur général adjoint, sous la direction de Dipepeneneng Serage, de mener des mesures de confinement intensifiées.
Il s’agit notamment d’une surveillance renforcée des maladies, d’une coordination avec les services vétérinaires et d’une surveillance plus stricte des déplacements du bétail et des procédures d’enchères.
Un protocole d’accord visant à faciliter les exportations de bœuf a été signé l’année dernière
Le moment choisi par la Chine pour interdire cette viande intervient malgré un protocole d’accord signé en septembre 2024, qui visait à faciliter les exportations de bœuf en provenance des provinces indemnes de fièvre aphteuse pendant les épidémies.
Au-delà de son impact sur le bœuf, la suspension s’étend à tous les produits animaux à sabots fendus, amplifiant ainsi son impact économique sur les producteurs, les abattoirs et les exportateurs à travers le pays.
L’Organisation des producteurs de viande rouge (RPO) a fait écho aux préoccupations du RMIS, appelant à un confinement rapide et à des protocoles commerciaux révisés pour éviter de telles perturbations commerciales à grande échelle à l’avenir.
Le DALRRD a conseillé aux agriculteurs de limiter le transport des animaux, de respecter des mesures de biosécurité strictes et d’éviter de s’approvisionner en animaux dans les zones restreintes du KwaZulu-Natal, du Mpumalanga, du Limpopo et du Cap-Oriental.
En vertu de l’article 11 de la Loi sur les maladies animales, les propriétaires d’animaux sont légalement tenus de prendre des mesures pour prévenir la propagation des maladies.
Sandrine KOUADJO et autre média



