Elevage :
Les déchets alimentaires serviront désormais pour nourrir le bétail en Egypte

Bétail en Egypte

L’Égypte se lance dans un plan audacieux visant à recycler 65 millions de tonnes de déchets alimentaires et agricoles par an en aliments pour animaux, dans le but de réduire sa forte dépendance aux aliments pour animaux importés et de stabiliser les prix des aliments pour animaux sur le marché intérieur.

L’initiative a été dévoilée par le Dr Mohsen Shukry, rapporteur du Conseil de recherche sur les ressources animales de l’Académie de recherche scientifique et de technologie, lors d’un récent événement industriel.

Il a souligné le vaste potentiel de l’utilisation des résidus agricoles et des déchets des usines alimentaires pour soutenir les secteurs de l’élevage, de la volaille et de l’aquaculture du pays.

Actuellement, l’Égypte produit environ 50 millions de tonnes de déchets agricoles et 15 millions de tonnes supplémentaires provenant des usines alimentaires chaque année.

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Les autorités estiment que la réutilisation d’une partie de ces produits dans l’alimentation animale pourrait réduire considérablement la dépendance du pays à l’égard du soja et du maïs importés, qui représentent environ 90 % de ses aliments pour animaux actuels.

Le plan de recyclage est étroitement aligné sur la Vision 2030 de l’Égypte, une stratégie nationale de développement conçue pour renforcer l’autosuffisance et la résilience économique.

Dans le cadre de ce plan, les autorités étudient des moyens de collecter les fruits et légumes invendus auprès des détaillants pour les transformer en aliments pour animaux.

Bien que le concept ait été bien accueilli, le Dr Mohamed El Shafei de la Chambre des industries alimentaires a averti que les capacités de transformation réelles restent limitées et nécessiteront des investissements supplémentaires.

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Les déchets alimentaires serviront désormais pour nourrir le bétail en Egypte

En complément de cette initiative de recyclage, le gouvernement égyptien prévoit également de simplifier le processus d’enregistrement des nouveaux aliments pour animaux. Ces modifications réglementaires, dont la mise en œuvre est prévue d’ici fin 2024, pourraient ouvrir la voie à la production et à l’utilisation locales d’une plus large gamme d’ingrédients alimentaires.

Parallèlement, des efforts sont en cours pour relancer la culture nationale du soja, qui a considérablement diminué au cours des quatre dernières décennies, passant de 62 000 hectares en 1983 à seulement 14 000 hectares en 2021.

Les autorités visent désormais une extension à 500 000 acres, ainsi que des rendements améliorés, dans le cadre de l’effort visant à stimuler la production locale d’aliments pour animaux.

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Ces mesures interviennent dans un contexte d’inquiétude croissante quant à l’impact des perturbations de la chaîne d’approvisionnement mondiale sur les prix des aliments pour animaux. La sécheresse au Brésil, important exportateur de soja vers l’Égypte, a contribué à la volatilité des marchés mondiaux.

En réponse, l’Égypte augmente également son utilisation de tourteaux d’oléagineux alternatifs, en particulier de tourteaux de tournesol, dans les formulations d’aliments pour animaux.

Selon le Service agricole extérieur du Caire (FAS/Caire), les importations de soja devraient augmenter de 5 % au cours de la campagne de commercialisation 2025/26, stimulées par la disponibilité des devises et une demande de bétail plus forte.

Le soja américain domine actuellement le marché égyptien, représentant près de 70 % des importations au cours des cinq dernières années.

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