Pratiquée par des navires non déclarés et opérant en violation des réglementations halieutiques en vigueur, la pêche illégale constitue un véritable fléau en Afrique. Cette activité illicite, au-delà des importantes pertes économiques qu’elle engendre, affecte profondément les pays africains sur les plans social et environnemental.
Malgré les initiatives mises en place pour freiner son expansion, la pêche illégale continue de sévir dans les eaux africaines, compromettant la durabilité des ressources marines et les moyens de subsistance de millions de personnes.
Pertes économiques liées à la pêche illégale
La pêche illégale entraîne des pertes d’emplois et de ressources financières estimées à plus de deux milliards de dollars par an pour les pays du Golfe de Guinée, notamment pour la Côte d’Ivoire. Dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, les conséquences touchent également les pêcheurs artisanaux.
Selon les données de France 24, les captures de poissons ont baissé d’environ 40 %, affectant près de 70 000 marins-pêcheurs et réduisant leur capacité à financer le carburant, l’entretien des embarcations et le matériel de pêche. Cette situation fragilise toute la chaîne de valeur halieutique, des pêcheurs aux commerçants, en passant par les transformateurs.
Changement climatique et pertes des ressources halieutiques
La pêche illégale, aussi appelée pêche INN (Illicite, Non Déclarée et Non Réglementée), a des impacts significatifs sur l’environnement. Elle entraîne une surexploitation des ressources marines, la destruction des habitats et la perturbation des chaînes alimentaires.
Les méthodes destructrices utilisées par certains pêcheurs illégaux, telles que la pêche à la dynamite ou au cyanure, dévastent les récifs coralliens et les écosystèmes marins essentiels. Ces pratiques contribuent à la dégradation des habitats marins, réduisant la capacité des océans à absorber le dioxyde de carbone. Elles exacerbent ainsi le réchauffement climatique et compromettent le rôle des océans en tant que puits de carbone.
Cette dégradation de l’environnement marin épuise les ressources halieutiques et engendre d’énormes pertes pour plusieurs pays du Golfe de Guinée. Les effets du changement climatique, combinés à la pêche illégale, fragilisent davantage les moyens de subsistance des populations côtières et menacent la sécurité alimentaire.
Ces conséquences rappellent l’urgence de lutter efficacement contre la pêche illégale, en misant sur une gestion durable des ressources halieutiques. Il est impératif de renforcer la surveillance maritime, d’améliorer la coopération régionale et de soutenir les communautés locales afin de préserver les écosystèmes marins et garantir la sécurité alimentaire dans les pays africains.
Sandrine KOUADJO



