Dépendant essentiellement des importations pour satisfaire sa demande en viande de volaille, le Gabon entend renverser la tendance en misant sur le développement de la filière avicole locale.
Le pays a lancé un vaste programme de formation de 40 000 professionnels du secteur avicole d’ici 2027. L’annonce a été faite lors de l’émission Gouv’actu Le Mag, diffusée le 9 novembre 2025.
L’objectif est de réduire les importations de poulets de chair, estimées à plus de 60 milliards de francs CFA par an, selon plusieurs médias locaux.
Ce programme, récemment lancé à l’Institut gabonais d’appui au développement (IGAD), vise à maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur, notamment la production de maïs et de soja pour l’alimentation animale, l’élevage de poulets de chair, l’abattage, la transformation, la mise en place d’une chaîne du froid, commercialisation et gestion coopérative.
Cette initiative d’industrialisation de la filière avicole poursuit un double objectif, renforcer la sécurité alimentaire et créer des milliers d’emplois.
Le Gabon mise sur la formation pour relancer sa filière avicole
Sa mise en œuvre s’accompagne de la signature de plusieurs partenariats, dont un mémorandum d’entente avec le groupe Graine International pour le développement d’unités avicoles intégrées combinant agriculture et élevage. Un accord a également été conclu avec le groupe algérien Graine International pour la création de sept fermes d’élevage, d’un couvoir et d’un abattoir industriel capables de produire plus de 72 000 tonnes de viande de poulet par an d’ici 2027. Selon le média Eco Matin, ce projet mobilisera un investissement total de 47 milliards de francs CFA (environ 83 millions de dollars).
Le Gabon, qui se classe troisième consommateur africain de produits surgelés, derrière le Bénin (28 %) et le Congo (13 %), selon les chiffres de l’ONG française Oxfam, avait déjà annoncé l’interdiction des importations de poulets de chair à partir de 2027. Une mesure qui s’inscrit dans la même dynamique de promotion de la production locale et de souveraineté alimentaire.
Sandrine KOUADJO



