Répondre à la demande croissante en aliments pour animaux afin de soutenir les besoins croissants en protéines de l’Algérie, tel est le but qui a motivé la construction de la première unité nationale de production d’aliments pour bétail dans la wilaya de Biskra. Elle permettra notamment de renforcer la durabilité agricole et de réduire la dépendance aux importations.
L’installation, développée dans le cadre du Centre de Recherche Scientifique et Technique sur les Régions Arides (CRSTRA), a été officiellement inaugurée par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique Kamel Baddari.
« Cette initiative représente une étape importante dans la transformation de la recherche scientifique en produits locaux de haute qualité », a déclaré Baddari lors de l’inauguration.
La nouvelle installation constitue une étape majeure pour le secteur agricole algérien, offrant des aliments pour bétail à haute valeur nutritionnelle à des prix compétitifs.
Il est conçu pour répondre à la demande intérieure croissante tout en soutenant l’objectif stratégique du pays en matière d’autosuffisance alimentaire.
Selon le CRSTRA, l’unité s’appuie sur le leadership de longue date de l’institution en matière d’innovation et de développement de brevets pour fabriquer des aliments pour bétail scientifiquement prouvés.
Le projet reflète l’engagement plus large du gouvernement à promouvoir la production locale et les pratiques agricoles durables.
L’Algérie a un besoin urgent d’un tel développement. Les importations d’aliments pour animaux devraient passer de 55,6 millions de kilogrammes à près de 61,8 millions de kilogrammes d’ici 2028, selon les données de ReportLinker.
Cette augmentation constante, alimentée par l’urbanisation croissante, la croissance de la classe moyenne et l’augmentation de la consommation de protéines d’origine animale, souligne le besoin crucial d’alternatives nationales.
La nouvelle usine de Biskra vise à réduire cette dépendance vis-à-vis des fournisseurs étrangers tout en favorisant la croissance économique dans les régions arides d’Algérie.
Cette unité de production animale permettra de répondre à la demande croissante en aliments pour animaux afin de soutenir les besoins croissants en protéines de ce pays d’Afrique du Nord.
Production animale Algérie, surmonter des défis redoutables
Malgré ses promesses, le marché algérien de l’alimentation animale est confronté à des défis majeurs. Parmi eux, la volatilité des prix mondiaux des matières premières clés telles que le maïs, le soja et le blé, qui impacte considérablement les coûts de production.
En outre, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée et l’expertise technique limitée continuent d’entraver l’adoption de technologies modernes de fabrication d’aliments pour animaux, ce qui entraîne parfois des résultats de mauvaise qualité.
Pour répondre à ces préoccupations, le gouvernement a mis en place une série de politiques stratégiques visant à stimuler la production locale d’aliments pour animaux et à soutenir les agriculteurs.
Il s’agit notamment de subventions et d’incitations pour les producteurs de bétail, d’achats d’aliments en gros à prix réduit dans le cadre de programmes nationaux et d’un soutien aux fabricants qui utilisent des cultures locales, en particulier le maïs, pour réduire les coûts des intrants.
De telles mesures permettent non seulement de réduire les dépenses de production, mais aussi de créer de nouvelles sources de revenus pour les agriculteurs nationaux.
Les investissements en infrastructures ont également joué un rôle crucial. L’amélioration des réseaux de transport a facilité la livraison d’aliments aux élevages isolés, tandis qu’un meilleur accès au crédit a permis aux petits producteurs de développer leurs activités et d’être plus compétitifs.
Les nouvelles tendances, comme l’agriculture de précision, transforment encore davantage le secteur. Des technologies comme l’IA, les drones et les capteurs sont de plus en plus utilisées pour surveiller et optimiser la production d’aliments pour animaux, réduisant ainsi le gaspillage et maximisant le rendement.
En outre, la demande mondiale croissante d’aliments biologiques et sans OGM présente de nouvelles opportunités de marché que l’Algérie est bien placée pour explorer.
L’inauguration du centre de Biskra constitue une étape importante dans cette direction. Comme l’a souligné le ministre Baddari, il symbolise l’engagement de l’Algérie à transformer la recherche en solutions concrètes pour le développement national.
Sandrine KOUADJO et Autre MEDIA



