Réunis à Dakar du 9 au 12 février, des acteurs publics, régionaux et internationaux de l’élevage ont officiellement lancé une coalition sous-régionale de prévention et de lutte contre ce fléau du vol de bétail, désormais considéré comme une menace sécuritaire, économique et sociale majeure.
Portée par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en partenariat avec le Sénégal et le Mali, l’initiative contre le vol de bétail vise à structurer une réponse collective, transfrontalière et durable face à un phénomène qui alimente l’insécurité, fragilise les économies pastorales et finance parfois des réseaux criminels organisés.
« Nous avons validé une étude diagnostique lucide, adopté un plan d’action régional clair et créé une coalition qui marque un tournant stratégique. Protéger le cheptel, c’est protéger l’économie rurale. Lutter contre le vol de bétail, c’est lutter contre l’insécurité et l’impunité », a déclaré le Secrétaire d’État sénégalais aux Coopératives et à l’Encadrement paysan, Alfa Ba, engageant son pays à porter l’initiative « au plus haut niveau politique et régional. »
La coalition s’articule autour de trois niveaux complémentaires, combinant des coalitions nationales dédiées à la prévention de proximité, aux mécanismes d’alerte précoce et à la mobilisation des acteurs territoriaux, et des coalitions transfrontalières chargées du partage d’informations, de la coordination opérationnelle, de la restitution du bétail volé et des opérations conjointes. Elle est chapeautée par une coalition sous-régionale, axée sur l’harmonisation des cadres juridiques, la coordination politique, l’interopérabilité des systèmes d’information et l’organisation d’un forum ministériel annuel. Elle associera États, organisations d’éleveurs, institutions régionales (CEDEAO, AES, CILSS), forces de sécurité, secteur privé, universités et partenaires techniques et financiers.
La FAO appelle à une action collective et innovante
« Le vol de bétail n’est plus une simple banalité. Il est devenu une menace structurelle pour la sécurité alimentaire, la stabilité économique et la cohésion sociale. La réponse ne peut être que collective, coordonnée et innovante », a souligné la Coordonnatrice sous-régionale de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest, Bintia Stephen Tchicaya. Elle a mis en avant trois piliers essentiels de la coalition : un cadre stratégique harmonisé, une coopération sécuritaire et judiciaire renforcée, et des partenariats communautaires appuyés par des financements durables.
« Cette coalition doit devenir le socle d’un développement durable de l’élevage et offrir des conditions de sécurité crédibles aux communautés pastorales comme aux investisseurs », a-t-elle insisté.
Présent à Dakar, le ministre malien de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, a rappelé que le vol de bétail figure parmi les préoccupations majeures des plus hautes autorités du Mali et de la région.
« Malgré nos énormes potentialités pastorales, le vol de bétail demeure l’une des contraintes les plus asphyxiantes pour nos économies rurales. L’harmonisation des cadres juridiques et la capitalisation des bonnes pratiques sont indispensables pour rendre cette coalition pleinement opérationnelle », a-t-il indiqué.
Les autorités du Sénégal, du Mali, du Nigéria et les représentants des quinze pays d’Afrique de l’Ouest ont formellement soutenu l’Appel de Dakar, s’engageant à le porter auprès des plus hautes instances nationales et régionales en vue de sa validation et de la mise en œuvre effective des coalitions.
Les travaux ont permis d’adopter un plan d’action régional, un manuel de bonnes pratiques, ainsi que des orientations en faveur de solutions numériques d’identification et de traçabilité du bétail, considérées comme des leviers clés pour endiguer le phénomène.
« Dakar restera le point de départ d’une nouvelle ère de coordination, de responsabilité partagée et d’action contre le vol de bétail en Afrique de l’Ouest », a conclu Alfa Ba.
Source : ApaNews



