Le marché européen de la farine de poisson a connu une transformation majeure au cours des dix dernières années, marquée par une forte baisse des importations et une redistribution des fournisseurs. Dans ce contexte, le Maroc s’impose comme l’un des principaux gagnants de cette recomposition. Alors que les importations de l’Union européenne ont chuté de 41% en volume sur la décennie, le Royaume a réussi à doubler ses exportations vers ce marché, passant de 29.500 tonnes en 2014 à 59.400 tonnes en 2024, soit une hausse de 101%. Sa part de marché a ainsi progressé de 9% à 30%, le plaçant parmi les trois premiers fournisseurs européens aux côtés de la Norvège et de l’Afrique du Sud, selon lematin.ma.
Cette performance est encore plus marquée en valeur, avec des exportations qui ont augmenté de 138% pour atteindre 73,3 millions d’euros en 2024, contre 30,5 millions en 2014. Cette évolution s’explique à la fois par la hausse des volumes et par l’augmentation des prix sur le marché international. La part du Maroc dans la valeur des importations européennes est ainsi passée de 8% à 27% sur la période.
Le Maroc double sa présence sur le marché européen de la farine de poisson
La montée en puissance du Maroc s’inscrit dans un contexte de recul spectaculaire du Pérou, autrefois leader du marché. Les exportations péruviennes vers l’Union européenne ont chuté de 93%, ne représentant plus que 5% des importations en 2024. Cette baisse a ouvert des opportunités dont le Maroc a su tirer parti en consolidant progressivement sa position.
La demande européenne reste concentrée, avec près de 85% des importations absorbées par l’Espagne, le Danemark, la Grèce et l’Allemagne, où la farine de poisson est essentielle pour l’aquaculture et l’alimentation animale.
En revanche, la position du Maroc sur le marché de l’huile de poisson demeure instable. Les exportations ont fortement fluctué, passant de 21.500 tonnes en 2014 à seulement 6.000 tonnes en 2024. Malgré cette baisse de 72% en volume, la valeur des exportations reste relativement stable grâce à la hausse des prix. Le Maroc reste ainsi un acteur secondaire sur ce segment, dominé par des pays comme le Pérou, la Norvège et le Chili.
Sandrine KOUADJO



