Santé animal :
En France, les vaches euthanasiées en raison de la dermatose nodulaire sont traitées par équarrissage

En France, les vaches euthanasiées en raison de la dermatose nodulaire sont traitées par équarrissage

 

Face à la recrudescence des maladies animales, dont la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), la question du traitement des animaux euthanasiés ou retrouvés morts suscite de nombreuses interrogations chez les éleveurs. Au cœur des préoccupations : le rôle et le niveau de sécurité sanitaire des usines d’équarrissage, véritables maillons essentiels de la chaîne de gestion des risques sanitaires.

Les animaux morts en exploitation ou euthanasiés sur décision vétérinaire sont pris en charge par les services d’équarrissage, conformément à une réglementation stricte. Ces dispositifs ne sont pas nouveaux. Influenza aviaire, maladie hémorragique épizootique (MHE), fièvre catarrhale ovine (FCO), dermatose bovine et, par le passé, encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) ont conduit les autorités à renforcer continuellement les protocoles. Objectif : faire de l’équarrissage un véritable « cul-de-sac sanitaire », empêchant toute dissémination des agents pathogènes.

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Dans ce contexte, l’usine d’équarrissage de Vénérolles, située au nord du département de l’Aisne, cristallise certaines inquiétudes. Des éleveurs s’interrogent sur la collecte et le traitement d’animaux provenant de zones touchées par la DNC. La crainte principale repose sur le risque de contamination indirecte, malgré les garanties avancées par les autorités sanitaires et les opérateurs du secteur.

En pratique, les animaux issus de foyers ou de zones réglementées sont transportés dans des conditions sécurisées. Les véhicules sont dédiés, étanches et systématiquement désinfectés après chaque rotation. À leur arrivée en usine, les carcasses suivent un circuit fermé, sans contact avec l’extérieur. Les procédés industriels, basés sur des températures très élevées et des traitements mécaniques et thermiques spécifiques, permettent de détruire les agents infectieux, y compris les virus les plus résistants.

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Les sous-produits animaux issus de l’équarrissage ne réintègrent pas la chaîne alimentaire. Ils sont transformés selon des normes européennes strictes, principalement en farines et graisses destinées à des usages industriels ou énergétiques, éliminant tout risque sanitaire pour l’élevage ou le consommateur.

Si l’inquiétude des éleveurs reste compréhensible dans un contexte de multiplication des crises sanitaires, les autorités rappellent que l’équarrissage constitue l’un des piliers de la biosécurité. Loin d’être un facteur de propagation, il est conçu comme une barrière finale, indispensable pour contenir les épizooties et protéger l’ensemble du cheptel.

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À l’heure où la dermatose bovine renforce la vigilance dans les territoires, la transparence, l’information et le respect strict des protocoles demeurent essentiels pour maintenir la confiance des professionnels et garantir la sécurité sanitaire collective.

S.A