Selon agence ecofin, En Côte d’Ivoire, le poisson occupe une place centrale dans l’alimentation des ménages. Principale source de protéines animales, il est consommé en moyenne à hauteur de 25 kg par habitant, selon les statistiques du United States Département of Agriculture (USDA). Ce niveau, légèrement inférieur à celui du Sénégal (29 kg), reste toutefois largement supérieur à la moyenne africaine estimée à 10 kg et au-dessus de la moyenne mondiale de 20,5 kg. La Côte d’Ivoire confirme ainsi son statut de locomotive économique au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).
Une demande en forte progression au cours des dix dernières années
Au cours des dix dernières années, la demande en poisson frais a connu une croissance soutenue. L’augmentation de la population, l’amélioration progressive des revenus et l’urbanisation accélérée ont profondément modifié les habitudes alimentaires. Dans les grandes villes, en particulier Abidjan, le poisson s’impose comme un produit incontournable du panier de consommation.
Malgré une progression de la production nationale depuis 2014, l’offre locale reste insuffisante. La pêche artisanale, qui représente environ 75 % des captures, demeure confrontée à des limites structurelles. Quant à l’aquaculture, bien qu’elle dispose d’un potentiel important, elle peine encore à se développer à grande échelle.
Des importations en nette expansion
Pour combler l’écart entre l’offre et la demande, le pays a fortement accru ses achats à l’étranger. Entre 2015 et 2024, les importations de poissons frais sont passées d’environ 388 000 tonnes à plus de 732 000 tonnes, soit une hausse proche de 90 %.
Cette dynamique s’est traduite par une envolée des dépenses. La facture des importations a plus que doublé sur la période, passant de 229 milliards FCFA (environ 411,7 millions USD) à plus de 518 milliards FCFA.
Un enjeu stratégique
Cette dépendance croissante aux importations met en lumière les défis liés à la sécurité alimentaire et à la souveraineté économique. Le renforcement de la pêche locale, la modernisation des équipements et surtout l’essor de l’aquaculture apparaissent comme des priorités pour réduire la pression sur les finances publiques et répondre durablement aux besoins d’une population en constante augmentation.
S.A



