Aquaculture :
Au Nigéria, l’Etat de Lagos mobilise 6 millions $ pour soutenir l’industrie aquacole

Industrie aquacole Nigéria

Le Nigéria est le premier importateur de poissons et de produits halieutiques en Afrique. Dans le pays qui est également le troisième fournisseur de poissons du continent, l’aquaculture est une alternative encore sous-exploitée pour améliorer l’offre locale et réduire la dépendance aux importations.

Au Nigéria, le gouvernement de l’État de Lagos a donné, le 16 mai 2025, le coup d’envoi des travaux de construction d’un complexe aquacole basé sur un site de 35 hectares à Igbonla, dans la région d’Epe. Ce projet baptisé Lagos Aquaculture Centre of Excellence (LACE), s’inscrit dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) conclu avec la société Dula Agro-Services Limited.

Dans un communiqué publié sur son site, le gouvernement de l’État précise que la première phase de réalisation du projet coûtera 10 milliards de nairas (6,2 millions $). Selon les autorités, le complexe, une fois opérationnel, est prévu pour produire annuellement 50 millions d’alevins, 2 000 tonnes de poissons prêts à la consommation, 20 000 tonnes de poissons transformés, ainsi que 24 000 tonnes d’aliments pour poissons.

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« Le centre comprendra une écloserie, des unités d’engraissement, des installations de transformation, une usine d’aliments pour poissons ainsi que des producteurs sous contrat qui alimenteront l’unité de transformation. Il servira également de centre de recherche et de formation dans les domaines des pratiques agricoles durables et de l’entrepreneuriat piscicole », peut-on lire dans le communiqué.

Selon Abisola Olusanya, commissaire à l’Agriculture de l’État, ce projet permettra notamment de diversifier les espèces de poissons élevées et d’assurer la formation de 5 000 pisciculteurs à terme.

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Un nouveau coup de pouce aux ambitions de croissance de la filière nigériane

Plus largement, la construction d’un complexe aquacole d’une telle envergure à Lagos devrait contribuer à améliorer l’approvisionnement en alevins indispensables pour le développement des élevages locaux. Avant cette annonce, c’est le gouvernement de l’État de Cross River qui inaugurait, en novembre dernier, une écloserie de poissons dotée d’une capacité de production de 20 millions d’alevins et de 12 millions de juvéniles de poissons (poissons jeunes qui ont déjà dépassé le stade de l’alevin) par an, sur un site basé à Calabar.

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Ces nouveaux projets d’investissement devraient contribuer à accélérer la réalisation du plan décennal pour le développement du sous-secteur du poisson-chat africain, adopté par le gouvernement nigérian en 2022, avec pour objectif d’augmenter de 20 % la production de poisson-chat à environ 324 000 tonnes en 2032.

Dans le pays le plus peuplé d’Afrique, les captures de poisson ont totalisé 1,1 million de tonnes en 2022, dont seulement 27 % provenaient de l’aquaculture, d’après les données compilées par la FAO. Il existe encore une grande marge de croissance pour l’aquaculture, quand on sait que la demande sur le marché intérieur oblige le Nigéria à importer plus de 700 000 tonnes de poissons par an.

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