Journée ivoirienne :
Abidjan et Paris affichent une ambition commune pour une souveraineté alimentaire durable

Elevage d'Afrique Info
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Paris, Parc des Expositions de la Porte de Versailles ce Jeudi 26 février 2026, la Journée ivoirienne au Salon International de l’Agriculture

Paris, Parc des Expositions de la Porte de Versailles ce Jeudi 26 février 2026,  la Journée ivoirienne au Salon International de l’Agriculture (SIA) 2026 a réuni, en un même temps fort, diplomatie économique, vision sectorielle et volonté d’investissement. Pays à l’honneur de cette 62ᵉ édition, la Côte d’Ivoire a fait de cette journée dédiée une démonstration de méthode : rassembler les décideurs, parler chaînes de valeur, et relier production, transformation et durabilité autour d’un objectif partagé,  la souveraineté alimentaire.

C’est par le discours d’ouverture de son excellence  Monsieur Maurice Bandama, Ambassadeur de la république de Côte d’Ivoire en France que cette journée ivoirienne a été lancée en présence de Monsieur Jean-Noël Barrot, ministre Français de l’Europe et des Affaires étrangères. Au-delà des symboles, le message central est resté constant : l’excellence de la coopération entre la Côte d’Ivoire et la France qui devrait produire des résultats concrets d’investissements, de partenariats, d’innovations au service de l’agriculture et des filières animales et halieutiques.

Placé sous le thème « Générations Solutions », la séquence a  servi de tribune à une conférence interministérielle de haut niveau réunissant les trois ministères du secteur agricole MINADER, MIRAH et MINEF. Le chef de la délégation ivoirienne, M. Bruno Nabagné Koné, ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, dans son allocution a inscrit la Journée ivoirienne dans une dynamique de reconnaissance et d’ouverture, reconnaissance envers les autorités françaises et les organisateurs du SIA pour l’honneur fait à la Côte d’Ivoire qui est une  ouverture vers des coopérations techniques et commerciales renforcées, à l’heure où l’agriculture africaine est attendue sur la résilience, la qualité et la transformation locale. À ses côtés, Monsieur Sidi Tiémoko Touré, ministre des Ressources animales et halieutiques, et Monsieur Jacques Assahoré Konan, ministre des Eaux et Forêts, ont porté un message de cohérence gouvernementale, l’atteindre la souveraineté alimentaire ne relève pas d’un seul secteur, mais d’une articulation entre agriculture vivrière, élevage, pêche/aquaculture, ressources en eau, forêts et durabilité des écosystèmes.

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La présence de Mme Françoise Remarck, ministre ivoirienne de la Culture et de la Francophonie, a apporté une dimension complémentaire : celle du soft power et de la diplomatie culturelle, indissociables, au SIA, de la promotion du pays, de ses produits et de son identité.

L’un des temps fort de la conférence interministérielle a été l’intervention du Ministre Sidi Tiémoko Touré, celle-ci s’est articulée en trois axes à savoir : le  potentiel du secteur, les acquis de 2021 à 2025 et les objectifs à l’horizon 2030. Sous le thème « L’économie animale et l’économie bleue comme moteurs de richesse nationale », le ministre a présenté une vision structurée visant à attirer les investisseurs vers des filières à fort potentiel, tout en renforçant la capacité du pays à réduire les déficits alimentaires en ressources animales et halieutiques.

Dans son intervention, le Ministre Sidi Touré a rappelé que ces secteurs ne se limitent pas à la production primaire. Ils constituent une économie complète, fondée sur des chaînes de valeur où se créent la richesse et les emplois : génétique et reproduction, alimentation animale, élevage, abattage et découpe, conservation et chaîne du froid, transformation, emballage, transport, distribution, restauration, exportation, ainsi que les services connexes (contrôle qualité, maintenance, finance, assurance, formation).

L’ambition affichée est de faire de ces filières un pilier de la croissance inclusive, capable d’absorber une main-d’œuvre jeune, combler le déficit alimentaire, de soutenir l’entrepreneuriat local et de consolider le tissu de PME. En orientant l’investissement vers des segments structurants notamment l’industrialisation, la logistique et la transformation l’objectif est d’augmenter la valeur ajoutée créée sur le territoire, de stabiliser l’offre et de renforcer la compétitivité nationale.

L’importance d’une croissance maîtrisée, fondée sur des principes de durabilité

Le ministre a inscrit sa présentation dans une dynamique de mobilisation des capitaux privés, nationaux et internationaux. À Paris, devant un public d’acteurs économiques, d’institutionnels et de partenaires techniques, il a mis l’accent sur la nécessité de déclencher une nouvelle génération d’investissements dans un secteur présenté comme porteur, rentable et créateur d’emplois.

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Ce positionnement repose sur une conviction : la demande en protéines animales et en produits halieutiques progresse, portée par la croissance démographique, l’urbanisation et l’évolution des habitudes de consommation. Pour y répondre durablement, la stratégie proposée met en avant des investissements capables de sécuriser l’offre : modernisation de l’élevage, développement de l’aquaculture, renforcement des capacités de transformation, amélioration de la conservation et de la distribution, ainsi que professionnalisation des métiers.

C’est dans cette perspective,  que le PONADEPA 2 (2026–2030), a été présentée comme une nouvelle étape pour transformer durablement l’élevage, la pêche et l’aquaculture, en cohérence avec les priorités nationales. À travers cette feuille de route, la Côte d’Ivoire entend franchir un cap : passer d’un secteur à potentiel à un secteur pleinement industrialisé, avec davantage de transformation, de professionnalisation, d’outils de financement, et de partenariats techniques, autant de leviers évoqués dans l’esprit même de la journée.

la stratégie mise en avant vise à renforcer l’autonomie du pays grâce à la montée en capacité des filières animales (bovins, ovins-caprins, volailles, porcins selon les opportunités locales) ; le développement de l’aquaculture comme relais structurant de l’offre en produits halieutiques; l’amélioration des infrastructures de conservation et de transformation, pour réduire les pertes et sécuriser la qualité ; une meilleure organisation des marchés, afin de rapprocher l’offre des bassins de consommation.

Au-delà des volumes, l’objectif affiché est aussi de mieux valoriser la production, en garantissant la qualité sanitaire, la traçabilité et la conformité aux standards, éléments déterminants pour gagner la confiance des consommateurs et accéder à des marchés à plus forte valeur ajoutée.

La présentation du Ministre Sidi Touré a également mis en relief la dimension structurante de l’économie bleue. Pêche, aquaculture, transformation, conservation, transport frigorifique, distribution : l’ensemble forme un écosystème où les gains de productivité et la création d’emplois peuvent être considérables lorsque l’investissement cible les bons maillons.

Dans le même temps, le ministre a rappelé l’importance d’une croissance maîtrisée, fondée sur des principes de durabilité : gestion responsable des ressources, lutte contre les pertes post-capture, modernisation des pratiques, amélioration des contrôles et montée en compétences des acteurs. L’économie bleue, a-t-il insisté, doit être un moteur de richesse sans fragiliser le capital naturel, condition essentielle de sa pérennité.

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Pour transformer l’ambition en résultats, le ministre a insisté sur la nécessité de structurer les filières. L’investissement ne doit pas être isolé, mais intégré à une logique d’écosystème a-t-il indiqué. Il ainsi évoqué les priorités autour de trois axes complémentaires : Infrastructures productives et logistiques, abattoirs modernes, unités de transformation, entrepôts frigorifiques, marchés organisés, plateformes logistiques, équipements de conservation, indispensables pour réduire les pertes, stabiliser l’offre, améliorer la qualité et soutenir la compétitivité. Le capital humain et la professionnalisation, la formation technique, l’encadrement, la diffusion de bonnes pratiques, la montée en compétences des opérateurs car l’impact d’un investissement dépend largement de la qualité des ressources humaines et de l’organisation des métiers. La gouvernance et la confiance du marché, les normes sanitaires, traçabilité, contrôle qualité, transparence des circuits, sécurité des produits ; autant de leviers pour renforcer la confiance des consommateurs, et sécuriser les débouchés.

En portant ce thème au SIA 2026, le Ministre Sidi Touré a adressé une invitation directe aux investisseurs : s’engager dans des partenariats structurants au service de la production, de la transformation et de la distribution. L’approche défendue repose sur une logique de gagnant-gagnant : rentabilité économique pour les opérateurs, création d’emplois et amélioration de l’offre alimentaire pour le pays. Le message est celui d’une économie réelle, ancrée dans le quotidien des ménages et la dynamique des territoires : lorsque les filières animales et halieutiques se modernisent, ce sont des milliers d’emplois qui peuvent se développer, des opportunités qui s’ouvrent pour les jeunes et les femmes, et une capacité renforcée à répondre à la demande intérieure.

 

 

Par Ouattara Dit Vali  (à Paris)

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