Variole aviaire :
Une épidémie silencieuse qui plombe lentement le cheptel au Bénin

Variole aviaire Bénin

La variole aviaire, une maladie virale redoutable, sévit de plus en plus dans les fermes avicoles, compromettant la santé des volailles et affectant gravement la production. Entre lésions cutanées impressionnantes et baisses drastiques de rendement, les éleveurs peinent à contenir ce fléau.

Dans les fermes infectées, le spectacle est aussi attristant qu’étrange. « L’état des animaux en général donne l’impression d’un troupeau en détresse extrême », lâche Sylvestre Fayomi, vétérinaire. Les poulets affectés traînent la patte, le bec recouvert de croûtes jaunâtres, certains presque aveugles par les lésions qui dévorent leurs paupières. Les plus atteints restent prostrés, incapables de picorer, l’air défait. « C’est une épidémie silencieuse qui tue lentement les sujets », prévient le Dr Fayomi.

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La variole aviaire est causée par un virus du genre Avipoxvirus. La transmission se fait par contact direct avec des volailles infectées, via les piqûres d’insectes comme les moustiques ou encore par du matériel contaminé. « Le manque d’hygiène et la surpopulation dans les élevages sont des facteurs aggravants », explique le Dr Fayomi. Il souligne également que « les éleveurs qui n’appliquent pas de mesures de biosécurité exposent directement leur cheptel à la contamination ».

Un impact désastreux sur le rendement avicole

Cette maladie ralentit la croissance des volailles et diminue drastiquement leur productivité. « Un poulet malade, c’est un poulet qui ne mange plus, qui maigrit et qui met plus de temps à atteindre son poids de vente », signifie Dr Sylvestre Fayomi. Pire, la ponte est considérablement réduite chez les pondeuses. Les éleveurs assistent, impuissants, à la chute de leur production et à des pertes financières considérables. « Certains voient leur revenu fondre. Cela dépend de la gravité de la maladie dans cette ferme », résume le Vétérinaire.
Si la variole aviaire ne se transmet pas à l’homme, elle n’en demeure pas moins un risque indirect. « Les éleveurs en contact avec des volailles très affaiblies inhalent parfois des agents pathogènes opportunistes », prévient le Dr Fayomi. L’assainissement des lieux devient alors primordial pour éviter les infections respiratoires ou cutanées secondaires.

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Variole aviaire Bénin, prévenir pour mieux guérir

Heureusement, il existe des moyens de lutte efficaces contre cette maladie. La vaccination préventive reste la solution la plus recommandée. « Un éleveur prudent vaccine son cheptel et renforce la biosécurité », affirme le Dr Sylvestre Fayomi. Il préconise également « une désinfection régulière des équipements et une élimination rapide des sujets malades ». Autre mesure essentielle est de réduire la présence des moustiques en asséchant les eaux stagnantes et en installant des filets de protection.

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La variole aviaire au Bénin n’est pas une fatalité, mais une menace bien réelle pour les élevages. « Tout éleveur doit rester vigilant et ne pas attendre de voir ses volailles se transformer en avant d’agir », conclut le Dr Fayomi. La prévention et la réactivité restent les meilleures armes contre ce mal qui compromet le rendement avicole.

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