Le média de référence de l'élevage, de la pêche et des ressources animales en Afrique

ÉTATS-UNIS /Trump signe des décrets pour protéger les troupeaux, soutenir les éleveurs et renforcer la filière viande

Elevage d'Afrique Info
5 Min Read
Trump signe des décrets pour protéger les troupeaux, soutenir les éleveurs et renforcer la filière viande

Le président américain Donald Trump a signé vendredi 4 septembre 2026 plusieurs décrets destinés à soutenir les éleveurs de bétail, notamment en renforçant les moyens de protection des troupeaux contre les loups, en développant les capacités de transformation de la viande et en avançant sur la question de l’étiquetage de l’origine du bœuf. Ces mesures interviennent alors que les prix de la viande bovine atteignent des niveaux records aux États-Unis.

Lors d’une cérémonie organisée dans le Bureau ovale, Donald Trump a annoncé des dispositions permettant notamment aux éleveurs de mieux protéger leurs troupeaux contre les loups gris. Son administration entend également faciliter la transformation et la commercialisation par les agriculteurs et les éleveurs de produits issus directement de leurs exploitations.

Le décret consacré à l’étiquetage du pays d’origine ne rétablit toutefois pas l’obligation d’indiquer systématiquement la provenance du bœuf. Le président américain a reconnu que des mesures supplémentaires, notamment une intervention du Congrès, seront nécessaires pour permettre aux consommateurs de disposer de davantage d’informations sur l’origine de la viande.

La protection des troupeaux contre les loups constitue depuis plusieurs années une revendication importante des éleveurs américains. Ces derniers estiment que les attaques de loups, particulièrement contre les veaux, entraînent des pertes importantes et les contraignent à renforcer la surveillance de leurs exploitations. Dans une grande partie des États-Unis, les loups gris bénéficient encore d’une protection au titre de la loi fédérale sur les espèces menacées, avec toutefois des régimes de protection différents selon les régions.

Ces annonces interviennent dans un contexte particulièrement tendu pour la filière bovine américaine. Le prix du bœuf au détail a atteint des niveaux records cette année, tandis que le cheptel bovin national est tombé à son niveau le plus bas depuis 75 ans. La sécheresse et les incendies de forêt ont également contribué à réduire l’offre de bétail, compliquant les efforts de l’administration pour faire baisser les prix sans fragiliser davantage les éleveurs américains.

Pour répondre à la hausse des prix, l’administration Trump a récemment élargi temporairement l’accès à des importations de parures de bœuf maigre bénéficiant de droits de douane réduits, à hauteur de 300 000 tonnes métriques sur une période de trois mois. Washington justifie cette décision par la nécessité d’accroître rapidement l’offre disponible pour les consommateurs.

Cette politique suscite toutefois l’inquiétude des producteurs américains. Les éleveurs redoutent qu’une hausse des importations ne fasse pression sur les prix du bétail produit localement et ne réduise les incitations à reconstituer le cheptel national.

La question de l’étiquetage de l’origine constitue également une revendication ancienne d’une partie des producteurs américains. Ceux-ci souhaitent notamment que les consommateurs puissent clairement distinguer le bœuf produit aux États-Unis de celui provenant de l’étranger.

Les obligations fédérales d’étiquetage du pays d’origine pour le bœuf et le porc avaient été supprimées par le Congrès en 2015, après plusieurs décisions de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) faisant suite à des contestations du Canada et du Mexique. Les entreprises peuvent actuellement utiliser volontairement la mention « Product of USA », à condition de respecter les règles fédérales en vigueur.

L’administration américaine se retrouve ainsi face à une équation délicate : augmenter les importations pour répondre rapidement à la demande et tenter de faire baisser les prix, tout en encourageant les éleveurs à accroître la production nationale. Donald Trump estime que les importations peuvent apporter un soulagement immédiat aux consommateurs, le temps de reconstruire le cheptel américain. Les producteurs, eux, craignent qu’un afflux de viande étrangère ne compromette leurs efforts pour relancer la production.

Parallèlement, la Maison-Blanche veut renforcer le rôle des petits transformateurs de viande. Les nouvelles mesures visent notamment à faciliter la transformation du bétail directement par les agriculteurs et les éleveurs, dans l’objectif de diversifier le secteur et de réduire la dépendance à l’égard des grandes entreprises américaines de conditionnement de viande, rapporté par zonebourse.com.

Par Amy. SANGARE

 

TAGGED:
Share This Article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *