Le Mercosur continue d’affirmer sa domination sur le marché mondial de la viande bovine, porté notamment par les performances du Brésil, devenu un acteur incontournable des exportations mondiales. Dans le même temps, la Chine, confrontée à une saturation de son marché intérieur, envisage de mieux encadrer ses importations à travers un système de quotas, une décision susceptible de redessiner les flux commerciaux internationaux
Lors d’une rencontre organisée le 12 juin par l’Institut de l’élevage (Idele), les agroéconomistes Caroline Monniot et Ilona Blanquet ont souligné la puissance persistante du Mercosur face à une demande chinoise en pleine mutation.
Après plusieurs décennies de croissance, le cheptel mondial de bovins et de buffles s’est stabilisé en 2024 et 2025. Cette tendance s’explique par le recul ou la stagnation observés dans plusieurs grandes régions d’élevage, notamment au Brésil, en Argentine, en Chine, aux États-Unis et dans l’Union européenne.
Malgré ce ralentissement, la production mondiale de viande bovine poursuit sa progression, grâce à des gains de productivité. En 2025, cette croissance a été portée principalement par le Brésil, la Chine, l’Inde et l’Australie, alors que l’Amérique du Nord et l’Europe ont enregistré une baisse de leur production. À lui seul, le Mercosur a augmenté sa production de 766 000 tonnes équivalent-carcasse sur un an.
Sur le plan commercial, les exportations du bloc sud-américain ont fortement progressé, alimentant principalement les marchés asiatiques, notamment la Chine, mais également les États-Unis et l’Union européenne. L’Australie a aussi renforcé sa présence sur les marchés internationaux, profitant des besoins croissants de l’Amérique du Nord et de l’Asie.
De son côté, l’Inde consolide sa place de fournisseur de viande à bas coût pour le Moyen-Orient, l’Asie du Sud-Est et plusieurs pays d’Afrique subsaharienne.
Concernant la demande, les importations restent dynamiques en Chine ainsi que dans plusieurs pays asiatiques comme la Malaisie, les Philippines, le Vietnam et l’Indonésie. Les États-Unis et l’Union européenne ont également accru leurs achats à l’étranger afin de compenser le recul de leur production nationale selon web-agri.
PAR AMINATA.S



