En France, Des chiens de chasse de plusieurs départements sont morts récemment de la maladie d’Aujeszky, une maladie virale, qui touche les sangliers sauvages et les porcs domestiques.
Ils avaient participé à des battues et étaient entrés en contact avec des sangliers infectés. Cette maladie, causée par un herpèsvirus porcin de type 1, touche, en effet, principalement les sangliers mais aussi les porcs. À travers eux, elle peut être transmise à d’autres espèces animales, en particulier les chiens, chez qui elle est presque toujours fatale.
La maladie d’Aujeszky est sans danger pour les humains et peu symptomatique chez les sangliers. En revanche, dans les élevages porcins, elle peut causer « des troubles neurologiques, des problèmes de croissance, une forte mortalité des jeunes et des avortements », explique à BFM Christophe Hugnet, docteur vétérinaire.
En raison de la rapide propagation de cette maladie, elle entraîne un abattage total de l’élevage si un porc est infecté. Après une hausse des euthanasies de troupeaux bovins en raison de l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans le pays, les élevages porcins sont-ils également à risque?
La maladie d’Aujeszky est « une maladie virale en bruit de fond », explique Christophe Hugnet. En effet, elle est présente sur le territoire et est « régulièrement diagnostiquée chez les sangliers en hiver pendant la période de chasse ». Jusqu’en 2008, elle circulait également dans les élevages porcins. Elle a pu être éradiquée grâce à une campagne d’abattage et de vaccination. Aujourd’hui, les élevages porcins en France sont dits « indemnes ».
Elle reste toutefois très surveillée « avec obligation de déclaration, de surveillance, de prévention et de contrôle aux mouvements », explique le ministère de l’Agriculture. Dans un récent communiqué, le préfet de la Creuse a demandé aux éleveurs d’être vigilants.
« En élevage porcin, quatre foyers ont été recensés en 2025. Des cas de maladie d’Aujeszky sont encore régulièrement détectés dans certains élevages, mais la situation demeure globalement stable. Le maintien de cette stabilité repose néanmoins sur la mise en œuvre stricte des mesures de biosécurité », ajoute le ministère.
En cas de suspicion dans un élevage, le vétérinaire est tenu d’informer la direction départementale en charge de la protection des populations (DDPP). « L’élevage est placé sous arrêté préfectoral de mise sous surveillance (APMS). Cet arrêté interdit le mouvement des animaux en provenance et à destination de cet élevage », détaille le ministère de l’Agriculture. Lorsque la maladie est officiellement confirmée, les porcs sont euthanasiés, notamment car tout animal guéri reste porteur du virus et peut le réexcréter ultérieurement.
Des mesures de protection
Pour éviter d’en arriver là, plusieurs mesures sont mises en place tout au long de l’année. « Les élevages de plein air sont très surveillés et les éleveurs sont sensibilisés », souligne le vétérinaire Christophe Hugnet. En France, il existe très peu de porcs élevés en extérieur, les plus exposés à la maladie, notamment en cas de contact avec des sangliers sauvages infectés.
Les porcs peuvent également être contaminés de manière « indirecte »: « locaux et matériel souillés, eaux grasses, bottes des éleveurs, et à distance par voie aérienne avec transport par le vent jusqu’à 1 ou 2 km », indique le ministère de l’Agriculture.
Les éleveurs doivent ainsi respecter des mesures dites de « biosécurité » avec, par exemple, des doubles clôtures ou des vérifications lors de la livraison de matériel. « En cas d’échange ou d’importation de porcins ou de semence porcine, exiger la présence d’un certificat sanitaire attestant que l’élevage d’origine est indemne », ajoute également le ministère. En France, la vaccination des porcs est interdite (sauf en Corse) pour que les tests de dépistage puissent détecter d’éventuels nouveaux cas.
MYNA avec bfmtv



