À quelques mois de la célébration de l’Aïd el-Adha 2026, le président Abdelmadjid Tebboune a autorisé l’importation d’un million de moutons. Cette décision illustre, entre autres, l’état de dépendance du pays en matière de viande bovine.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a autorisé l’importation d’un million de moutons en prélude à l’Aïd el-Adha 2026, à l’issue d’une réunion du gouvernement tenue sous la présidence du Premier ministre Sifi Ghrieb, le mercredi 7 janvier 2026, selon un média local.
Présentée comme un levier central pour préserver l’équilibre entre l’offre et la demande, cette opération vise à soutenir le marché national, contenir la flambée saisonnière des prix et garantir l’accès des ménages au mouton de l’Aïd. Elle permet également de pallier l’incapacité persistante du cheptel national à répondre à une consommation locale pourtant prévisible.
L’Algérie, qui n’en est pas à son premier essai, avait déjà eu recours à une méthode similaire lors de l’Aïd précédent. En 2025, une opération du même type avait permis l’importation d’un million de têtes ovines en provenance de plusieurs pays. Bien que cette initiative ait contribué à freiner la flambée des prix et à mieux encadrer la distribution via les circuits officiels, elle n’avait pas résolu les problèmes structurels de la filière, notamment la faible productivité, les coûts élevés de l’alimentation animale, la dépendance aux importations de fourrage et la désorganisation des circuits de commercialisation.
Selon plusieurs médias locaux, le choix des autorités algériennes d’opter pour un seul fournisseur, l’Uruguay, soulève de nombreuses interrogations. Cette option expose le pays à des risques logistiques, sanitaires et géopolitiques non négligeables.
Cette dépendance aux importations traduit l’incapacité de l’Algérie à réformer sa filière ovine, alors même qu’elle dispose d’un fort potentiel pastoral.
Sandrine KOUADJO



