Le gouvernement fédéral du Nigéria a conclu un important accord d’approvisionnement laitier avec la République d’Ouganda dans le cadre des efforts visant à stabiliser l’approvisionnement en lait du Nigeria et à combler un fossé croissant entre la production nationale et la demande nationale.
Dans le cadre de cet accord, l’Ouganda exportera environ 200 000 tonnes de lait en poudre vers le Nigeria dans un accord d’une valeur d’environ 1 milliard de dollars. Les autorités ougandaises ont indiqué que les expéditions devraient commencer avant la fin de l’année, avec des cargaisons transportées d’Entebbe à Lagos.
L’accord a attiré l’attention sur des défis structurels de longue date au sein du sous-secteur laitier et de l’élevage du Nigeria.
Bien que le Nigeria soit estimé à compter entre 20 et 21 millions de bovins, la production laitière nationale reste faible, entre 600 000 et 700 000 tonnes par an, contre des besoins nationaux estimés entre 1,6 et 1,7 million de tonnes.
En revanche, l’Ouganda, avec une population bovine estimée à environ 14,5 millions, produit entre 3,8 et 3,9 milliards de litres de lait par an, ce qui lui permet de répondre à la demande intérieure et de soutenir ses exportations. Cette disparité continue de façonner la dépendance du Nigeria aux produits laitiers importés.
Les données de l’industrie montrent que le Nigeria importe actuellement environ 60 % de ses besoins laitiers, avec des dépenses annuelles pour le lait et les produits associés dépassant 1,5 milliard de dollars.
Les importations laitières restent une composante importante de la facture d’importation alimentaire du pays, contribuant à une pression soutenue sur les réserves de devises.
Les acteurs du secteur de l’élevage affirment que l’afflux important de produits laitiers importés a freiné la croissance de la production laitière locale.
Le Nigeria et l’Ouganda concluent un accord d’approvisionnement en produits laitiers
Les substituts de lait importés moins chers, en particulier le lait en poudre gras, dominent le marché, limitant la compétitivité des producteurs nationaux et affaiblissant les incitations à l’investissement dans les exploitations laitières locales.
Les analystes notent que, bien que les producteurs laitiers des pays exportateurs bénéficient de chaînes de valeur structurées, d’un soutien étatique et de systèmes de transformation efficaces, les agriculteurs nigérians continuent d’opérer dans des systèmes de production fragmentés, avec un accès limité au financement, aux infrastructures et aux technologies modernes.
Les experts soutiennent qu’un investissement accru dans l’amélioration des races bovines, les systèmes d’élevage organisé, les centres de collecte du lait et les infrastructures de chaîne du froid pourrait considérablement augmenter la production intérieure et réduire la dépendance aux importations au fil du temps.
Bien que le gouvernement fédéral ait récemment annoncé plusieurs initiatives de réforme du bétail, notamment la création d’un ministère dédié à l’élevage et des programmes visant à promouvoir l’élevage et le développement de la chaîne de valeur, la mise en œuvre est restée progressive.
Sandrine KOUADJO et autre média



