Production animale :
Au Burkina Faso, l’élevage est une épargne vivante mais fragile

élevage Burkina Faso

Au Burkina Faso, l’élevage demeure bien plus qu’une activité économique : c’est une véritable caisse d’épargne sur pattes, un capital que l’on peut mobiliser en cas de besoin. Vendre un animal suffit souvent à financer un mariage, régler des frais de santé ou assurer la scolarité des enfants. Mais cette épargne vivante reste vulnérable, régulièrement menacée par des épizooties dévastatrices.

À Koudougou, Abdou Wahab Zongo contemple fièrement son cheptel de kuroilers, une race hybride de poulets. Pourtant, derrière ce sourire se cache un parcours jalonné d’épreuves. L’éleveur se souvient des pertes massives qui ont failli le décourager : 150 poulets goliaths décimés après une vaccination, une cinquantaine de dindons emportés en quelques jours, puis 250 volailles perdues coup sur coup. « On parlait seul, on ne savait plus quoi faire », confie-t-il avec émotion.

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Ces difficultés, d’autres les partagent. Dans la province du Sanguié, Bonkoungou Désiré, éleveur et boucher à la retraite, a vu une dizaine de ses bœufs succomber à la fièvre aphteuse. Un choc pour celui qui investit dans le bétail depuis 1985. Il reconnaît toutefois les progrès réalisés grâce à la vaccination, même si certaines maladies restent difficiles à maîtriser.

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Au Burkina Faso, l’élevage est une épargne vivante mais fragile

Les bouchers ne sont pas éparpillés non plus. À Réo, Luc Bazié raconte la peur qui l’habite à chaque passage à l’abattoir : un porc acheté à prix d’or peut être entièrement jeté si la viande est jugée impropre à la consommation. « C’est comme une loterie », dit-il.

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Face à ces défis, les spécialistes insistent : la vaccination est la clé. Sy Dramane Traoré, responsable des services vétérinaires du Boulkiemdé, constate une baisse des pertes grâce aux campagnes subventionnées. Pour lui, comme pour Abdou Wahab Zongo, apprendre, rester présent et suivre les prophylaxies vaccinales sont indispensables pour sécuriser cette épargne vivante, si précieuse pour les familles burkinabè.

Sandrine KOUADJO et autre média