La Commission européenne anticipe une poursuite de la décapitalisation bovine à l’horizon 2035, accompagnée d’un recul de la consommation de viande. Selon ses projections annuelles, cette évolution pourrait entraîner la disparition de près de 2,85 millions de vaches laitières et allaitantes au cours de la prochaine décennie.
Dans le détail, Bruxelles prévoit une baisse de 9,2 % de la production de viande bovine dans l’Union européenne, qui passerait de 6,7 millions de tonnes actuellement à environ 6,1 millions de tonnes en 2035. La Commission reconnaît que cette tendance traduit une incertitude persistante du monde agricole face à l’évolution du cadre réglementaire européen, souvent accusé par les éleveurs de favoriser la décapitalisation.
Toutefois, l’exécutif européen affirme ne pas viser une réduction volontaire du cheptel. Il estime que les aides couplées, certains éco-régimes de la nouvelle Politique agricole commune (PAC) et des perspectives de prix jugées favorables pourraient ralentir le rythme de cette baisse.
Malgré cela, le cheptel reproducteur devrait reculer de 9,7 % en dix ans, avec la perte attendue de près de 2 millions de vaches laitières et d’environ 860 000 vaches allaitantes.
Parallèlement, la consommation de viande bovine par habitant devrait diminuer, passant de 6,67 kg actuellement à 6,1 kg en 2035. Ce recul s’expliquerait par une disponibilité moindre du bœuf et par des prix plus élevés que ceux des autres viandes. La Commission souligne d’ailleurs que les prix du bétail pourraient être en moyenne supérieurs de 26 % en 2025 par rapport à 2024. Les préoccupations environnementales et sanitaires contribueraient également à cette évolution des habitudes alimentaires.
Face à une offre européenne restreinte, le recours aux importations pourrait s’intensifier. En 2025, la forte demande et des prix historiquement élevés ont déjà favorisé l’entrée de viande bovine en provenance notamment des pays du Mercosur.
Sur le plan international, l’Union européenne devrait perdre en compétitivité à l’export. Alors que la demande mondiale progressera, notamment en Chine, au Vietnam, au Moyen-Orient et en Afrique subsaharienne, Bruxelles admet ne pas être en mesure d’y répondre pleinement. L’écart de prix entre le marché européen et le marché mondial pénalise les exportations de l’UE et encourage les importations.
Les exportations européennes de viande bovine ont déjà reculé en 2025 et devraient continuer de diminuer, en particulier pour les animaux vivants. La Commission prévoit une baisse annuelle moyenne de 3,2 % des exportations de bétail sur la prochaine décennie, en raison d’une offre réduite, d’une priorité accrue au commerce intra-européen et des préoccupations liées au bien-être animal lors des transports de longue distance.
S.A



